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Bons plans06/09/2026

Faire ses courses le matin fait-il vraiment économiser de l’argent ?

Faire ses courses le matin fait-il vraiment économiser de l’argent ? On nous a souvent appris qu’il fallait faire ses courses tôt, avec une liste, le ventre plein et surtout sans traîner dans les rayons. L’idée paraît logique : moins de monde, moins de tentations, plus de contrôle. Mais lorsqu’on regarde les données disponibles sur les comportements d’achat, la réalité est plus nuancée.

Le problème n’est peut-être pas l’heure à laquelle nous faisons nos courses. C’est la manière dont nous les faisons.

La croyance : « Si je fais mes courses le matin, je dépense moins »

C’est une idée très répandue.

Faire ses courses tôt permet effectivement de bénéficier d’un magasin plus calme dans certaines situations. Mais il n’existe pas de donnée solide permettant de dire qu’un passage au supermarché le matin fait mécaniquement baisser le montant du ticket de caisse.

Les comportements d’achat varient selon les heures de la journée, mais cela ne signifie pas que 10 h 00 = petit panier et 19 h 00 = gros panier.

Une étude publiée dans Journal of Business Research, basée notamment sur des données réelles de points de vente, a cependant observé une différence entre matin et soir : les achats de produits considérés comme moins sains étaient plus fréquents le soir. Les chercheurs relient notamment ce phénomène aux variations du contrôle de soi au cours de la journée.

Une autre étude publiée en 2026, portant sur plus de 240 000 transactions en ligne, retrouve également une augmentation des achats dits « hédoniques » — les achats davantage liés au plaisir qu’à la nécessité — durant la soirée.

Mais cela ne signifie toujours pas que faire son plein de courses à 8 h 30 est une technique universelle pour économiser.

Le raccourci serait trompeur.

Le vrai problème : le panier n’est pas toujours celui qu’on avait prévu

Imaginez deux courses.

Courses n°1

Vous arrivez avec une liste :

* pâtes * riz * légumes * lait * œufs * poulet

Vous repartez avec exactement ces produits.

Courses n°2

Même liste.

Mais dans le magasin :

« Tiens, cette promotion. »

« Je pourrais prendre ça pour ce week-end. »

« Ah, ils ont sorti ce nouveau produit. »

« Bon, allez, ça fera toujours plaisir. »

Puis une deuxième promotion.

Puis une troisième.

Le problème n’est plus le prix du produit prévu. C’est tout ce qui s’est ajouté au panier.

Et c’est justement là que la comparaison entre courses physiques et courses en ligne devient intéressante.

Faire ses courses en ligne peut parfois donner davantage de contrôle

Une étude française publiée en 2025 par des chercheurs de l’Université de Rennes et de l’Université de Lille a interrogé 34 consommateurs français âgés de 21 à 61 ans sur leurs pratiques d’achat alimentaire en ligne.

Parmi les thèmes qui ressortent :

* le gain de temps ; * la possibilité de retrouver facilement ses produits habituels ; * la commodité ; * et surtout l’impression d’éviter certains achats non planifiés.

Les participants expliquent notamment qu’en magasin, l’exposition permanente aux produits peut provoquer des achats supplémentaires, alors qu’en ligne ils recherchent directement ce qu’ils avaient prévu d’acheter.

C’est une différence fondamentale.

Au supermarché, le magasin vous présente des produits.

En ligne, vous pouvez décider de présenter votre liste au magasin.

Mais attention : livraison ≠ automatiquement économies

C’est ici qu’il faut être honnête.

Commander ses courses en ligne ne garantit absolument pas de dépenser moins.

Une étude portant sur 5 573 transactions réalisées par 137 personnes ayant acheté leurs courses à la fois en magasin et en ligne a même constaté que les transactions en ligne étaient en moyenne plus élevées : 113,58 $ contre 78,88 $ en magasin, soit environ 44 % de plus par transaction dans cet échantillon.

Pourquoi ?

Parce qu’un panier plus gros n’est pas forcément un panier moins maîtrisé.

On peut éviter les achats impulsifs tout en achetant davantage.

La livraison doit donc être considérée comme un outil de contrôle, pas comme une garantie d’économie.

Alors, comment contrôler réellement son budget alimentaire ?

Les données françaises récentes donnent une réponse particulièrement intéressante.

L’Insee a analysé des données issues de tickets de caisse afin d’étudier concrètement les comportements des consommateurs face à l’inflation alimentaire.

Entre 2021 et 2022, lorsque le prix d’un produit augmentait de 1 %, les quantités vendues diminuaient en moyenne de 0,6 %.

Mais surtout, les consommateurs ont changé leur façon de faire leurs courses.

Ils ont :

* augmenté la fréquence de leurs visites ; * réduit la taille de leurs paniers ; * davantage recherché les promotions ; * davantage acheté des formats plus petits ; * et davantage changé de gamme.

Dans les magasins étudiés par l’Insee, le panier moyen est passé d’environ 7 articles en 2021 à 6 articles fin 2022, alors que les prix alimentaires avaient fortement augmenté.

Autrement dit : pour protéger leur budget, les Français n’ont pas simplement cherché à « faire leurs courses à la bonne heure ».

Ils ont surtout changé la composition et la fréquence de leurs achats.

Le paradoxe des courses : acheter moins souvent n’est pas toujours mieux

On imagine souvent que :

« Plus je fais un gros plein de courses, plus je maîtrise mon budget. »

Ce n’est pas forcément vrai.

Face à l’inflation, l’Insee a justement observé un phénomène de fragmentation des achats : davantage de passages en magasin, mais des paniers plus petits.

Pourquoi ?

Parce qu’un petit panier permet de comparer davantage, d’éviter certains achats et de limiter la somme dépensée à chaque passage.

Mais cette stratégie possède évidemment une limite :

multiplier les déplacements peut aussi coûter du temps, du carburant et de l’énergie.

C’est là que la livraison prend une autre dimension.

Et si le vrai coût des courses n’était pas seulement le ticket de caisse ?

Lorsque nous faisons nos courses, nous comptons généralement :

Prix des produits = coût des courses.

Mais ce n’est pas tout.

Il y a aussi :

trajet + carburant + stationnement + temps + transport des sacs + organisation.

Et surtout :

le coût mental de devoir organiser le déplacement.

Une livraison ajoute généralement un coût explicite — les frais de livraison — mais elle peut supprimer une partie de ces coûts invisibles.

Le choix rationnel n’est donc pas simplement :

« Est-ce que la livraison coûte plus cher que le supermarché ? »

La vraie question est :

« Combien me coûte réellement ma manière habituelle de faire mes courses ? »

La livraison n’est donc pas le remplacement du supermarché

Et c’est probablement le point le plus important.

Les Français ne choisissent pas simplement entre :

supermarché OU livraison.

Ils combinent les deux.

Une étude publiée en 2025 indique que 84,8 % des répondants déclarent acheter au supermarché, tandis que 26,8 % utilisent le drive, la livraison à domicile ou d’autres services e-commerce pour certains achats.

Les données 2025 du commerce alimentaire en ligne montrent également que la livraison à domicile continue de progresser : elle représente 10,5 % des dépenses alimentaires des clients qui utilisent ce circuit, contre 9,0 % en 2024.

Le futur des courses n’est probablement pas « tout en livraison ».

C’est plutôt :

le bon achat, au bon moment, par le bon canal.

Alors : matin ou soir ?

Notre réponse est beaucoup moins spectaculaire que la croyance initiale.

❌ Non :

« Faire ses courses le matin fait économiser de l’argent. »

Ce n’est pas démontré.

🟠 Peut-être :

« Faire ses courses le matin peut aider certaines personnes à mieux respecter leur intention d’achat. »

Le contexte et le niveau de tentation peuvent effectivement varier au cours de la journée.

🟢 Ce qui est beaucoup plus solide :

préparer son panier, connaître son budget et réduire les achats non planifiés sont des leviers plus directement liés au contrôle de la dépense.

Et le numérique peut faciliter cette démarche.

Et si on arrêtait de chercher le meilleur moment pour faire les courses ?

Peut-être que la bonne question n’est pas :

« À quelle heure dois-je aller au supermarché ? »

Mais :

« De quoi ai-je réellement besoin aujourd’hui ? »

Parce qu’entre une course de 45 minutes dans les rayons et un panier préparé en quelques minutes depuis son téléphone, la différence ne se résume pas au prix.

Elle se mesure aussi en :

temps. déplacements. charge mentale. tentations. organisation.

Chez NOSH, c’est précisément cette idée qui nous intéresse.

La livraison ne doit pas servir à faire acheter davantage.

Elle doit pouvoir servir à acheter plus simplement.

Le chiffre à retenir

58 %

En janvier 2026, 58 % des ménages français déclaraient limiter leurs dépenses alimentaires. Parmi les stratégies principales : 17,3 % réduisaient les quantités achetées, 15,1 % renonçaient à certains produits coûteux, 13,0 % privilégiaient une option moins chère et 12,2 % remplaçaient certains produits devenus trop chers.

Le contrôle du budget alimentaire est donc devenu un véritable sujet de comportement — pas simplement une question d’heure de passage au supermarché.

Journal de NOSH — Notre conclusion

Faire ses courses tôt ne suffit pas à faire des économies.

Ce qui compte davantage, c’est de savoir ce que l’on achète, pourquoi on l’achète et combien l’on est réellement prêt à dépenser.

Et parfois, la meilleure course n’est pas celle que l’on fait plus tôt.

C’est celle que l’on n’a pas besoin de faire.